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Petite plainte au Conseil de presse du Québec

Résumé de la plainte et de la décision

Annie Saint-Pierre, du Journal de Québec, a écrit:

«Du Parti de l'héritage chrétien, Stephen Jetchisk, a renvoyé le Journal à son site Internet, lorsqu'on lui a demandé ses priorités pour Louis-Hébert.»

Mais elle aurait dû écrire:

«Du Parti de l'héritage chrétien, Stefan Jetchick, a répondu lutter contre l'obscurantisme religieux, lorsqu'on lui a demandé ses priorités pour Louis-Hébert.»

Ma petite plainte a été rejetée! Imaginez si j'étais un journaliste, et que je vous demandais votre âge, et que vous répondiez: «J'ai 20 ans». Ensuite, durant la conversation, vous me disiez aussi que vous aimez le ski. Que diriez-vous si j'écrivais dans mon article de journal: «Lorsque je lui ai demandé son âge, elle m'a répondu qu'elle aimait faire du ski»?

Apparemment, ce genre de «journalisme» est tout-à-fait acceptable au Québec! Au moins je suis averti: je ne perdrai plus mon temps avec le Conseil de presse du Québec!

Aussi, leur Décision commence avec une phrase hilarante: «Nul ne peut dicter à la presse le contenu de l'information sans s'exposer à faire de la censure ou à orienter l'information.» Oui mais, il faut bien que quelqu'un l'écrive, cet article de journal, et le journaliste n'est pas Dieu! Le journaliste est supposé rapporter les faits, pas inventer son article au fur et à mesure!

Libellé de la plainte

Sillery, le samedi 21 janvier 2006.

Mme Nathalie Verge, Secrétaire générale
Conseil de presse du Québec
1000, rue Fullum, bureau C.208
Montréal (Québec)
H2K 3L7
Tél. : (514) 529-2818
Fax : (514) 873-4434
Courriel : info(le signe «arobas»)conseildepresse.qc.ca

Objet: Petite plainte au Conseil de presse du Québec

Madame Verge,

Voici les informations sur le journal et le journaliste:

Nom de l'entreprise de presse: Le Journal de Québec
Nom du journaliste: Mme Annie Saint-Pierre
Titre de l'article: «Dans Louis-Hébert; La répartition du vote, la clé»
Date de publication: 20 janvier 2006

Voici un exposé précis et succinct des motifs de ma petite plainte:

1) Mme Saint-Pierre a commis des erreurs factuelles autant dans mon nom de famille que mon prénom (voir l'annexe A ci-bas).

2) Mme Saint-Pierre insinue que j'ai refusé de lui dire au téléphone ce que je considérais comme les priorités dans Louis-Hébert (voir l'annexe A ci-bas). Dans les faits, le contenu de notre conversation a été exactement l'inverse: j'ai tout fait pour essayer de lui dire quel était le dossier prioritaire dans Louis-Hébert, et c'est elle qui a coupé court notre conversation. (Voir l'annexe B ci-bas).

D'une certaine manière, ma plainte est petite: une vingtaine de mots, dans un entrefilet d'un quotidien peu coté, dans une ville souvent qualifiée de «petit village», concernant le candidat marginal d'un parti politique quasi-inconnu.

Mais d'une autre manière, ma plainte est grande, car on pourrait dire que l'avenir de la société québécoise dépend du professionnalisme de ses journalistes. Si les journalistes se mettent tous à négliger les faits et à induire systématiquement leurs lecteurs en erreur, à un moment donné, cela va avoir une influence négative sur notre «vivre-ensemble»!

Veuillez agréer, Madame Verge, l'expression de mes sentiments les meilleurs.

Stefan Jetchick
1450, av. des Pins
Sillery (Québec)
G1S 4J6
Canada
(418) 683-8554
stefan.jetchick (le signe «arobas») inquisition.ca
www.inquisition.ca

 


Annexe A: Libellé du passage en cause de l'article

«Du Parti de l'héritage chrétien, Stephen Jetchisk, a renvoyé le Journal à son site Internet, lorsqu'on lui a demandé ses priorités pour Louis-Hébert.»

Annexe B: Résumé de la conversation téléphonique avec Mme Saint-Pierre

Mme Saint-Pierre m'a contacté au téléphone le jeudi 19 janvier, m'expliquant qu'elle tentait de rejoindre le plus de candidats possible dans le cadre d'un article sur la circonscription de Louis-Hébert.

Sa première question a été sur «l'homo-Scherrer». Je lui ai dit que je n'avais pas la moindre idée de quoi elle parlait. Elle a répété plusieurs fois cette curieuse expression. Je lui ai demandé d'où elle tenait une telle chose, mais sa réponse a été très évasive, quelque chose concernant un message qui était sur son écran d'ordinateur, et le débat du 17 janvier à l'école Rochebelle. Je lui ai dit que cela n'était pas de nature à rassurer les lecteurs concernant la qualité de l'information dans les journaux!

Ne sachant pas de quoi elle parlait, et voyant que son information semblait provenir du débat du 17, j'ai commencé à expliquer que j'avais dit durant ce débat que mon Agent officiel, M. Louis Casgrain, était lui-même une personne homosexuelle qui remerciait publiquement l'Église catholique et ses divins enseignements sur les attirances homosexuelles, de l'avoir aidé à sortir du style de vie «gai». Mme Saint-Pierre a alors sèchement dit que Oui, c'est de cela dont elle parlait, et que ce sujet ne l'intéressait pas, car «tout a été dit sur le mariage gai».

Mme Saint-Pierre m'a ensuite demandé quel était le dossier prioritaire dans Louis-Hébert. Déjà passablement inquiété par son histoire de «l'homo-Scherrer», j'ai voulu m'assurer qu'elle aurait cette fois-ci accès à une source d'information plus fiable. Je lui ai donc demandé si elle avait accès à l'Internet. Elle m'a répondu Oui, mais que les serveurs du Journal de Québec étaient très lents et capricieux. Je lui ai demandé de faire un essai quand même, puisque toute l'information dont elle avait besoin était sur mon site web. Je lui ai donné l'adresse de mon site web (www.inquisition.ca), le libellé de la question de la FAQ sur mon site qui correspondait à son interrogation («Un bon politicien doit avoir de bonnes priorités. Quel est le dossier le plus urgent dans Louis-Hébert?») Je lui ai demandé si elle voyait mon site apparaître à son écran, et elle m'a dit que Non, ça chargeait encore. Alors je lui ai lu la réponse à la question de ma FAQ: «En ce moment, la plus grande menace dans la circonscription de Louis-Hébert, c'est l'obscurantisme religieux». Puis je lui ai dit que l'expression «obscurantisme religieux» était un hyperlien qui pointait vers un texte explicatif, intitulé: «L'ennemi public No. 1: l'Obscurantisme religieux»

J'ai tenté de lui expliquer ce qu'était l'«obscurantisme religieux», en lui donnant l'exemple des gens qui croient qu'on doit sauver le Zoo de Québec, ou tout aussi bien ceux qui croient qu'on doit le fermer. Dans les deux cas, plusieurs personnes gobent des affirmations sans se soucier d'avoir les faits et les preuves pour justifier leurs affirmations. Mme Saint-Pierre m'a coupé en disant très clairement: «Oui, je l'ai sous les yeux». Par deux fois, elle m'a confirmé qu'elle voyait maintenant à son écran mon article expliquant ce qu'est l'obscurantisme religieux.

Sur le point de raccrocher, Mme Saint-Pierre m'a demandé quelle était ma profession. Je lui ai dit que j'étais interprète, et que ma biographie était aussi sur mon site. Salutations et remerciements. Fin de la conversation. Environ 5 minutes. Le tout a été poli, mais j'ai eu la très nette impression que Mme Saint-Pierre avait des choses beaucoup plus urgentes à faire que de recueillir de l'information me concernant.

Annexe C: Autres journalistes

Au moins deux journalistes dans Québec ont réussi à épeler mon nom correctement et à constater mes priorités:

Michèle Thibeau, Quebec Chronicle and Telegraph, «Jetchick gives voters food for thought», 2006-jan-18.

François Simard, L'Appel, «Deux autres candidats dans Louis-Hébert», 2006-jan-14.

Annexe D: Qu'est-ce que l'«obscurantisme religieux»?

«L'ennemi public No. 1: l'Obscurantisme religieux»

Libellé de la Décision

Le Conseil ne saurait trop rappeler que l'attention que les médias décident de porter à un sujet particulier, le choix de ce sujet et sa pertinence relèvent de leur jugement rédactionnel. Nul ne peut dicter à la presse le contenu de l'information sans s'exposer à faire de la censure ou à orienter l'information.

Au premier grief soulevé par le plaignant, à l'effet que la journaliste aurait retranscrit erronément ses nom et prénom, les mis-en-cause reconnaissent deux erreurs mineures dans la retranscription du nom du plaignant. Le Conseil estime que ces erreurs, bien que regrettables, ne changeaient pas sur le fond, la portée des informations contenues dans l'article.

Au deuxième grief relevé, la journaliste aurait insinué que le plaignant aurait refusé de lui mentionner ce qu'il considérait comme prioritaire dans Louis-Hébert, par cette phrase de l'article, « Du Parti de l'héritage chrétien, Stephen Jetchisk, a renvoyé le Journal à son site Internet, lorsqu'on lui a demandé ses priorités pour Louis-Hébert. » Le mis-en-cause rétorque que le texte publié n'insinue pas un refus de répondre du plaignant, mais qu'il indique que ce dernier a renvoyé la journaliste à son site Internet.

Le Conseil constate que le texte ne laisse pas entendre que le plaignant aurait refusé de répondre, mais rapporte que M. Jetchick a dirigé la journaliste vers le site Internet de son parti. Le Conseil ne relève aucune faute déontologique au travail de la journaliste.

En conséquence, le Conseil de presse rejette la plainte de M. Stefan Jetchick à l'encontre de la journaliste Annie Saint-Pierre et du Journal de Québec.

Nathalie Verge, secrétaire générale
Au nom du Comité des plaintes et de l'éthique de l'information
Conseil de presse du Québec
DECISION 2006-02-045
CPEI 14 septembre 2006

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